15 mars 2006
IMAGE DE SOI
IMAGE DE SOI
Comment se libérer du regard des autres?
L'IDS est une construction mentale qui s'est élaborée depuis la prime enfance. C'est une image composite que l'on a de nous-même et qui influence nos comportements. C’est ce que l’on veut montrer aux autres, ce qu’on pense qu’ils veulent voir (ou ne pas voir).
Cette représentation composite construite de toute pièce est l'outil qui est privilégié par le mental pour contrôler son environnement. C'est bien pour ça qu'il l'a construite. Je donne à voir aux autres une image de moi-même qui les satisfassent pour qu'ils croient en cette image et que je puisse me reposer dessus. Cela part d'une croyance: il suffit de contrôler son image pour maîtriser l'environnement et être en sécurité. C'est bien là que le bas blesse. Croire que l'on peut en tant qu'enseignant contrôler l'impact de l'image de soi sur les élèves pour les maintenir en respect, c'est croire par là même que l'on peut maîtriser le regard des autres ainsi que leurs pensées, autrement dit, que l'on peut contrôler le monde extérieur — la Réalité. La seule chose que l'on peut contrôler c'est soi-même, et essentiellement, l'attitude mentale que l'on a vis-à-vis de soi-même et de l'environnement.
Première situation
- Par deux / se mettre face à face / ne pas parler / la personne A laisse venir les pensées et les jugements par rapport à la personne B qui soigne son attitude et l'image de soi / A note sur sa feuille les pensées, les impressions et les jugements qui sont venus / B note sur sa feuille l'image de soi qu'elle a voulu donner è inverser les rôles
- Changer de partenaire. Et ce pour voir les différences selon la personne qui est en face de nous.
- face à face: une personne face groupe (tout le monde passe)
Bilan et verbalisation: Est-ce que l'IDS provoque l'impression ou l'impact désiré? Est-ce que l'IDS peut contrôler les pensées des autres? Est-ce que l'IDS est contrôlable finalement?
La seule chose qui peut être contrôlée c'est le mental, en ce sens qu'il n'apporte aucune aide à la gestion de la réalité. Si mon mental s'en va dans les méandres de l'image de soi et de sa fonction de protection et de pseudo-contrôle, je ne suis plus dans le présent de la relation à moi-même et à l'autre. Du coup je construis inévitablement des scénarios, je me raconte des histoires sur ce qui se passe. Je ne vois pas qui je suis ni qui est l'autre. Je suis dans la confusion.
Deuxième situation
- seul / prendre une feuille de papier / s'imaginer devant la classe qu'on estime très difficile / noter ce qui énerve: cette classe m'énerve, m'irrite, m'insupporte parce que …
- seul / prendre une feuille / choisir l'élève qui énerve le plus / noter ce qui énerve / cet élève m'insupporte parce que…
- ensuite, se demander en fermant les yeux: 1) Est-ce que c'est vrai? Est-ce que je peux en apporter la preuve? 2) Est-ce que ce que je dis est absolument vrai? / écrire les réponses sur papier
Bilan et verbalisation: voir les difficultés, les résistances ou non à répondre aux questions
Troisième situation
Distribuer les feuilles
- Juger mon prochain
- Investigation & Retournement
1) choisir une personne qui nous énerve, qui nous irrite le plus parmi les personnes présentes et la passer au crible des questions de la feuille Juger son prochain (être le plus mesquin possible)
2) passer à la deuxième feuille: cette étape demande concentration et calme pour se mettre à l'écoute de la sincérité intérieure
Bilan et verbalisation: quelles sont les difficultés rencontrées? Est-ce que je parviens à effectuer le retournement? Est-ce que ça a du sens pour moi? Est-ce que je sens que ça agit à l'intérieur de moi? …
L'intérêt de la verbalisation d'exprimer ce qu'on ressent sans chercher à se justifier, à se défendre, à se protéger, …, mais simplement dire ce qui se passe à l'intérieur de soi. Oser exprimer ses limites et ses peurs permet de prendre conscience que tout ce qu'on se raconte (le p'tit vélo dans la tête qui se met en route) sert à éviter le véritable problème. Ce ne sont pas les choses extérieures ni les autres qui nous font subir les choses mais bien nous-même à cause de notre attitude mentale inadéquate et inopérante face aux autres et à l'environnement.
Quoi qu'il en soit, le mental résistera à l'investigation parce qu'on touche à son pouvoir, au pouvoir de l'ego et de l'orgueil. Il est convaincu d'avoir raison. Et pour cause, c'est sa fonction première. Mais il y a deux raisons. Une extérieure qui veut prouver qu'elle a raison pour se prouver qu'elle contrôle la situation: elle mène inévitablement à la confusion, à la divagation et à la fatigue. L'autre intérieure est celle qui mène à la lucidité. On peut l'interroger directement en fermant les yeux et en laissant la réponse venir. EST-CE VRAI ce que je me raconte ?????? ………
Quatrième situation
- par deux / se mettre face à face / à différentes distances / et effectuer l'investigation avec les 4 questions en direct par rapport aux pensées qui viennent
- face au groupe / se mettre dans la peau du prof / et effectuer l'investigation avec les 4 questions en direct par rapport aux pensées qui viennent / puis le retournement
- en tant qu'élève faire la même chose, investiguer ses jugements et ses pensées en direct: est-ce vrai ce que ma pensée me raconte? Est-ce absolument vrai? …
Bilan et verbalisation: Quelles sont les difficultés d'une telle démarche? Qu'est-ce qui se passe en moi? Qu'est-ce que je ressens? …
CONCLUSION
Tout le travail de ses deux jours a consisté à se libérer du regard des autres et de l'éternelle question inhérente à l'IDS, mais qu'est-ce que les autres pensent de moi ? Quelle image ont-ils de moi ? qui m'empêche au final d'être présent à moi et aux autres; car je suis continuellement parti dans la construction de scénarios sur ce qui devrait être, sur ce que j'aimerais faire et être, sur ce que j'imagine que pensent les autres de moi, sur les causes extérieures de mon état de tension et de stress (on accuse souvent les autres d'ailleurs), sur tout un tas d'autres choses encore qui ne font que noyer le poisson, ou devrais-je dire nous noyer dans la confusion la plus totale. Le travail initié ici, peut vous apporter une liberté que vous n'imaginiez pas. Mais seule la persévérance dans cette nouvelle attitude mentale donnera à votre pratique professionnelle et à votre vie personnelle de nouvelles perspectives à la fois lucides et débarrassées des souffrances que l'on croyait causées par les autres alors qu'elles étaient le fruit de nos propres pensées; car je vous dis haut et fort personne, n'a le pouvoir de vous faire souffrir dans votre enseignement. On enseigne pas en saignant mais en s'aimant et en aimant ce que sont les élèves, tels qu'ils sont et non tels qu'on aimerait qu'ils soient. Merci de votre écoute et bonne route!
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=116738&pid=1524800
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
